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Rien n’est perdu pour Claude Nicollier L’astronaute vaudois ne volera pas cette année. Mais il retutoiera les étoiles! Mieux encore... il pourrait bien avoir rendez-vous avec Hubble dans les trois ans à venir. XAVIER DORMOND
«L’ESA souhaiterait m’engager sur une mission à destination de la station ISS. De son côté, la NASA pourrait préférer me programmer sur un nouveau vol de maintenance du télescope Hubble, avec une ou plusieurs sorties extravéhiculaires», ajoute l’astronaute astrophysicien qui nourrit une véritable passion pour le télescope spatial. Un choix logique, compte tenu de l’expérience acquise par Claude Nicollier lors des deux missions d’entretien de Hubble qu’il a déjà effectuées en 1993 et 1999, mais qui ne correspond pas forcément aux intérêts directs des Européens. L’astronaute vaudois dément le titre du Matin de lundi: «L’espace, ce n’est pas fini pour moi», affirme-t-il. Certes, le Vaudois ne volera pas cette année. «En renonçant à me faire voler en 2002, l’ESA a simplement répondu à une autre priorité: celle de faire voler Christer Fuglesang, un astronaute suédois, qui attend son tour depuis 1992. Et c’est bien légitime. Mais personne à l’ESA ne m’a signifié que je devais cesser mes activités d’astronaute», explique-t-il. Quant au phénomène de politisation dont parlait Claude Nicollier dans l’interview accordée au Matin, elle est, de fait, induite par la formule adoptée par l’ESA pour l’intégration des candidats au corps des astronautes européens en vigueur depuis quelques années. Ce mode de sélection attribue trois quarts des places aux astronautes des pays qui apportent les plus grandes participations financières au budget de l’ESA — la France, l’Italie et l’Allemagne — laissant le dernier quart aux douze autres pays membres. «Il n’y a rien d’injuste dans ce procédé et loin de moi l’idée de le considérer négativement! Cette distribution est d’ailleurs le résultat de l’intégration, en 1999, des équipes nationales d’astronautes français, allemands et italiens au corps des astronautes de l’ESA, intégration qui a renforcé de facon positive notre groupe. Ce quota ne sera d’ailleurs pas forcément maintenu dans le futur. Les prochaines sélections seront basées, comme les précédentes, sur la compétence des candidat(e)s, ce qui redonnera des chances équitables à tous les postulants, y compris ceux des petits pays européens», précise Claude Nicollier. Peter Creola, patron du Bureau des affaires spatiales à Berne et répondant de la Suisse auprès de l’ESA, est sans équivoque: «Si Claude Nicollier ne vole pas cette année, c’est parce que l’ESA a voulu le libérer pour qu’il puisse terminer les travaux importants qui lui ont été confiés dans le cadre de son activité d’astronaute actif à la NASA, avant de l’engager sur une nouvelle mission, explique-t-il. Cela ne signifie donc pas qu’il ne volera plus. Au contraire, il a de fortes chances — et je l’espère vivement — de participer à une nouvelle mission.» Et d’ajouter: «L’ESA a une politique financière à trop courte vue et elle sous-estime l’importance des vols habités. Nous devons faire plus, mais nous ne disposons pas assez d’argent pour faire voler nos astronautes européens. L’Europe spatiale devrait avoir un corps d’astronautes plus étoffé, comprenant au minimum un représentant de chaque pays membre. Pour l’heure, ce n’est pas encore le cas... mais ça viendra!» |